La préservation de l'architecture du XXe siècle

La halle de Fontainebleau, un chef-d’œuvre méconnu de l’architecture du XXe siècle !

La halle de Fontainebleau

A l’occasion d’une opération de « re-qualification » de la place de la République à Fontainebleau (Seine-et-Marne), la mairie a décidé de raser la grande halle du marché. Mal aimé, cet édifice n’a jamais été regardé pour lui-même, alors qu’il est en assez bon état et, surtout, toujours en fonction. Or, il s’agit d’un chef-d’œuvre méconnu de Nicolas Esquillan (1902-1989) : ce bellifontain, qui deviendra un des grands ingénieurs français (il est l’un des auteurs du CNIT), est l’un des maîtres du béton français. Le projet de Fontainebleau, imaginé dès 1936, a été réalisé en 1941, ce qui en fait un des rares édifices d’Ile-de-France élevés pendant la guerre. Avec son jeu de piliers effilé, sa voûte mince de quelques centimètres et ses pavés de verre Saint-Gobain, la halle apparaît donc également comme un exploit technique, sans renoncer à une véritable élégance. C’est enfin un des seuls édifices modernes de la ville, dont une partie (il y a avait à l’origine deux halles) a déjà été sacrifiée en 1969.

Confié à l’architecte Patrick Chavannes, le projet actuel consiste à démolir la halle, qui n’a pas été analysée sérieusement, à creuser à son emplacement une extension du parking souterrain voisin (170 places), puis à ménager une nouvelle place en surface avec « fontaines sèches » (sic) et rideau d’arbres (qui masquera les façades anciennes de la place…), enfin à rebâtir deux halles métalliques sur le côté de l’actuelle place, option qui n’est pas arrêtée pour des questions de financement.

Vue aérienne de la halle de Fontainebleau

Les commerçants du marché, qui est reconnu au niveau national par sa qualité, ont manifesté une forte opposition, mais le maire vient de délivrer le permis de démolir, après un avis favorable de l’ABF. La SPPEF a donc saisi la DRAC pour tenter de sauver cette halle originale, véritable patrimoine de Fontainebleau ! A.G.

 

Pour en savoir plus : Bernard Marrey, Nicolas Esquillan, un ingénieur d’entreprise, Paris, Picard, 1992.

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