La préservation de l'architecture du XXe siècle

La halle de Fontainebleau sauvée in extremis

La SPPEF se bat depuis 2012 pour sauver la halle du marché de Fontainebleau. Cet élégant édifice de béton, construit par l’ingénieur bellifontain Nicolas Esquillan en 1942, était en effet condamné par la municipalité, désireuse de “requalifier” le centre ancien en aménagant une place “conviviale”, avec un parking souterrain. Ce projet a été confié à l’architecte Patrick Chavannes.

Projet de la nouvelle halle

Plusieurs recours devant la justice administrative ont été engagés contre le permis de démolir, que la mairie s’est délivrée en octobre 2012. Le premier, contentieux, est celui porté par notre association ; le deuxième celui des commerçants, présidé par M. Bernard Bruche, opposés à cette démolition ; le troisième est celui d’une association de riverains, présidée par M. François Fay. D’abord gracieux, ce recours est contentieux depuis quelques jours.

La SPPEF avait également déposé un référé, craignant une démolition rapide, en raison d’un appel d’offres lancé par la mairie à cet effet fin janvier. Audiencé en février au tribunal administratif de Melun, ce référé a été malheureusement rejeté. A cette occasion, les avocats de la mairie annonçaient publiquement que les travaux devraient prendre place “en juillet prochain”. C’est dans cette situation complexe, et alors que les autres recours étaient pendants, mais non suspensifs, que le maire a tenté de passer en force mardi 5 mars dernier, au coeur des vacances. A la fin du marché, et alors que rien ne laissait présager une telle opération, les commerçants ont eu la surprise de voir débarquer la maréchaussée, tandis que deux gros engins de démolition, arrivés d’Auxerre, s’approchaient dangereusement de l’édifice. L’installation électrique sous la halle était alors arrachée, et des grilles montées autour de l’édifice.

La Halle de Fontainebleau et les engins de démolition
Copyright Sergio Grazia

Tout s’est alors joué en quelques heures, grâce à deux actions non concertées. D’une part, les commerçants ont décidé d’envahir le chantier, ce qui a permis de stopper le processus de démolition en début d’après-midi. De l’autre, informé de la situation, le cabinet de la ministre de la Culture a diligenté avec énergie une instance de classement : en début de soirée, ce document qui bloque pour un an toute démolition était transmis au maire, obligé de cesser sa tentative de démolition. Par prudence, certains commerçants ont néanmoins dormi sous la halle, se relayant dans un magnifique mouvement de solidarité.

Départ des engins de démolition

Le maire, M. Valletoux, a lancé immédiatement un contre-feu, appelant à une pétition contre le classement de la halle, dont on trouve les éléments sur le site de la mairie… En attendant, la halle va être remise en service mais la situation reste tendue, dans un contexte pré-électoral qui agitent les esprits (plusieurs conseillers municipaux de la majorité actuelle étant désormais opposés au maire).

De leur côté, les défenseurs continuent sans relâche leur tâche de sensibilisation. Une table-ronde est ainsi organisée le samedi 20 avril prochain à 15h30, à Fontainebleau, à laquelle la SPPEF participera naturellement. Elle marquera l’inauguration d’une exposition sur l’édifice, son histoire et sa technique, qui aura lieu jusqu’au 27 avril, afin que chacun découvre ce patrimoine méconnu (adresse des deux manifestations : hôtel de l’Aigle noir, 27, place Napoléon Bonaparte, 77300 Fontainebleau).

La SPPEF, à la pointe de ce combat, se félicite que la halle ait été placé sous une instance de classement, et demande désormais au maire le retrait du permis de démolir.

Alexandre Gady, président de la SPPEF

Cette entrée a été publiée dans Actualités, La préservation de l'architecture du XXe siècle, Nos combats. Placez un signet sur le permalien.

Les commentaires sont fermés.