La sauvegarde du patrimoine mobilier

Communiqué sur la vente du mobilier historique du Train Bleu à Paris

Buffet composant le lot 67 représenté in situ. Photo DR.
Ill. 1. Ce que nous ne verrons plus. Vaisselier (d’une paire) composant le lot 67 de la vente photographié in situ (cf. également Ill. 2). Photo DR.

Une partie du mobilier historique du Train Bleu, buffet de la gare de Lyon inauguré en 1901, dont les décors muraux sont classés au titre des monuments historiques depuis 1972, a été vendue aux enchères publiques le 30 juin 2014.

Buffet avant sa vente
Ill. 2. Imposant vaisselier appartenant au mobilier d’origine du Train Bleu avant sa vente. On remarque son marbre brèche d’Alep et sa plinthe en faux marbre vert qui faisait l’unité du mobilier vendu (cf. Ill. 3 et 4). Paire adjugée 4000 euros. Vente Jakobowicz & associés, 30 juin 2014, lot 67. Photo de l’étude.

La SPPEF regrette qu’aucune solution n’ait pu être trouvée pour maintenir ce mobilier in situ, des préemptions auraient en effet, à défaut de législation plus adaptée, permis de sauvegarder l’avenir patrimonial de ce lieu mythique du Paris 1900. La faiblesse du montant des adjudications démontre que la protection de ce type d’ensembles patrimoniaux est d’abord une question de volonté politique.

Paire d'encoignures, marbre brèche d'Alep, vers 1900, estimée 1500/2000 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lots 6 et 7. Photo de l'étude.
Ill. 3. Paire d’encoignures, marbre brèche d’Alep, plinthe en faux marbre vert, vers 1900, adjugée 1500 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lot 7. Photo de l’étude.

Console, marbre brèche d'Alep, vers 1900, estimée 800/1200 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lots 53 et 54. Photo de l'étude.
Ill. 4. Console, marbre brèche d’Alep, vers 1900, adjugée 1000 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lot 53. Photo de l’étude.

A titre d’exemple, la paire de vaisseliers monumentaux, avec plateaux en marbre brèche d’Alep et plinthe en faux marbre vert (illustrations 1 et 2), pièce maîtresse de la vente, a été adjugée pour 4000 euros ; les encoignures (illustration 3) et la desserte (illustration 4), dotées du même décor de marbre et de faux marbre, adjugées respectivement 1500 et 1000 euros ; les imposants porte manteaux (illustration 7) entre 850 et 2600 euros… Au total, 14 lots sur les 182 de la vente méritaient d’être conservés comme appartenant au mobilier d’origine du restaurant. Ils correspondent à une adjudication totale de 17.500 euros (HF).

Résultats vente Train Bleu (avec indication du mobilier d’origine)

Parquet
Ill. 5. Parquet du Train Bleu en cours d’enlèvement. Photo : Julien Lacaze

Un restaurant mythique magnifié
Ill. 6. « Rendez-vous en septembre 2014 pour découvrir ce restaurant mythique magnifié « . Photo : Julien Lacaze.

Plus largement, la SPPEF déplore qu’aucune mesure de protection efficace de ces ensembles décoratifs n’ait pu être prise depuis le dépôt, en 1996, d’une première proposition de loi sur ce thème (voir ici) et souhaite que le projet de loi patrimoines aboutisse enfin sur ce point.

Il importe, en effet, de permettre la protection des ensembles mobiliers (objets entretenant des liens avec d’autres objets) et des ensembles « mixtes » (objets liés à un décor immeuble) afin d’empêcher, qu’à l’avenir, de tels démembrements ne se reproduisent.

Lire l’article consacré à la vente 

Lire la dépêche de l’AFP et l’article de La Tribune de l’Art

Lire la position de la SPPEF sur la préservation de ces ensembles

Porte-manteau, vers 1900, estimée 400/500 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lot 15, 22, 23, 52. Photo de l'étude.
Ill. 7. Porte-manteau (d’une série de quatre), vers 1900, adjugés entre 850 et 2600 euros. Vente Jakobowicz & Associés, 30 juin 2014, lots 15, 22, 23, 52. Photo de l’étude.

 

 

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Communiqués, La sauvegarde du patrimoine mobilier. Placez un signet sur le permalien.

Les commentaires sont fermés.