Energies nouvelles et patrimoine

Bois d’énergie : péril sur les forêts

Avec plus de 16 millions d’hectares de massifs forestiers, la France paraît bien placée pour faire face à la croissance de la demande du bois : bois d’oeuvre, bois d’industrie, bois de chauffage et depuis peu, bois d’énergie.

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Forêt de Floranges (Morbihan). Photo : Anne-Marie Robic

Mais cette évolution est préoccupante. La demande en bois de chauffage explose. La production mondiale de « pellet » (granulé bois) a ainsi été multipliée par 4 depuis 2005. En France, les volumes commercialisés en bois-bûche ont été multipliés par 3 depuis 2000. Les granulés bois suivent le même rythme et leur production a été multipliée par 4 depuis 2005, pour alimenter aujourd’hui plus de 1500 chaufferies collectives.

Cependant, c’est l’irruption d’une nouvelle demande, le bois énergie, qui pose un véritable problème. L’usine bio-masse construite à Gardanne va ainsi, par exemple, absorber plus de 800.000 tonnes de bois par an, alors que son rayon d’approvisionnement, s’étendant jusqu’à 500 km, ne peut en produire que 400.000 tonnes. Ces prélèvements sur les forêts, bois et taillis, vont modifier, selon les experts forestier, les paysages de Provence-Côte d’Azur d’ici deux ans.

En Bretagne, l’évolution sera peut être moins rapide, mais, à l’échéance de 5 ans, le paysage sera profondément modifié si rien n’est fait, ou insuffisamment, pour boiser ou reboiser. Encore faudrait-il s’interroger sur le type de reboisement à mettre en oeuvre. Celui destiné à la bio-masse n’offre guère d’intérêt pour les paysages et le promeneur…

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Forêt de Floranges (Morbihan). Photo : Anne-Marie Robic

Certes, les importations sont possibles, comme le montre l’approvisionnement de la chaufferie de la piscine de Rennes. Mais, outre que cela ne fait que déplacer le problème, où sont alors les économies d’énergies et quel est le bilan global en matière de changement climatique ? Sans compter, qu’en période de déficit chronique de notre balance des paiements, des importations croissantes de bois seraient malvenues.

Jean de la Motte de Broöns, délégué de la SPPEF pour les Côtes-d’Armor

 

 

 

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