COP 21 : pour un bouquet énergétique respectueux du patrimoine

SPPEF COP 21

1) Quel est le constat ?

Les choix gouvernementaux ont été majoritairement faits en faveur de certaines énergies renouvelables : l’éolien terrestre et offshore et le photovoltaïque ; l’isolation du bâti est anarchique, faite au hasard des démarchages commerciaux, et le plus souvent inefficace faute de cibler le bâti le plus énergivore et les réelles sources de déperdition de chaleur. En outre, les conséquences de ces mesures sur les paysages et le patrimoine ont été totalement oubliées. Une véritable « écologie » ne peut pourtant négliger cet aspect…

Indépendamment de la question patrimoniale, des critiques sur l’efficacité des énergies précitées (essentiellement tarif de rachat très élevé de l’électricité produite, et très coûteuse par rapport au prix du marché) ont été faites. Les points principaux sont :

• Une efficacité douteuse concernant la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui est le but principal visé. Remplacer de l’électricité propre (90% environ de l’électricité produite en France ne génère pas de gaz à effet de serre) par une autre électricité propre renouvelable a un effet a priori marginal ou nul.
• Ces sources d’énergie renouvelables sont toutes de nature intermittentes (elles produisent quand le vent souffle fort ou lorsque le soleil luit à plein) ; elles ne sont pas pilotables, c’est à dire que l’on ne peut agir sur leur niveau de production lorsqu’elles veulent bien produire. Le gérant de réseau – RTF – , qui doit constamment ajuster la production au niveau de la consommation appelée par les utilisateurs d’électricité, doit avoir recours à des générateurs thermiques fossiles pour faire face à la forte variabilité de la production renouvelable, si bien, qu’indirectement, ces énergies sont émettrices de GES.
• Les représentants de ces filières annoncent des créations d’emploi par dizaines de milliers. Ce point est douteux car tous les fabricants d’éoliennes ne sont pas français (il est vrai que l’on annonce la création, ex-nilhilo, d’une filière pour éoliennes offshore sur laquelle on peut émettre des doutes : les deux industriels français concernés, AREVA et ALSTOM, sont confrontés à des difficultés telles que leur capacité de réaliser cette création soulève bien des interrogations) dans un créneau déjà bien occupé par les fabricants étrangers. Sur ce point des créations d’emploi, les représentants de ces filières n’ont pas réalisé, loin s’en faut, leurs annonces ; ce constat a été mis en avant par la Cour des Comptes dans son rapport sur ces filières. En ce qui concerne le photovoltaïque le constat est extrêmement simple : la filière européenne de panneaux est complètement sinistrée ; les prix pratiqués par la Chine ne sont pas accessibles par les fabricants européens qui ne pourraient vendre qu’en faisant de lourdes pertes dans ces conditions.

• Les tarifs de rachat sont très élevés et peu en rapport avec le prix du marché de l’électricité. Le surcoût par rapport à ce prix de marché est prélevé sur les consommateurs par le biais de la CSPE ; il s’élève déjà à 6,4 milliards d’euros ce qui fait, en moyenne, par ménage 225 euros annuels, valeur élevée et qui n’est pas sans impact sur la décroissance d’autres activités économiques.

• Dernier mais pas le moindre, l’impact de ces filières sur les paysages – point de préoccupation essentiel de nos associations – est désastreux. Un seul point suffit à dimensionner l’impact de l’éolien : pour égaler la production annuelle d’une centrale de 1500 MW il faut installer environ 2700 éoliennes de 2MW chacune, ayant une hauteur de 160 m, et qui couvriraient un carré de 25 kilomètres de coté ; et ceci en ayant de surcroit à résoudre le problème de l’intermittence de la production éolienne. L’occupation des sols par la filière photovoltaïque est aussi considérable compte tenu de sa faible production par unité de surface, de l’ordre de 100 W par mètre carré lorsque le soleil est au zénith.

2) Quelles sont les solutions ?

Il est nécessaire de hiérarchiser les énergies renouvelables selon leur rapport coût/ efficacité pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Leur impact patrimonial devant ensuite être considéré. Or, ce n’est pas ainsi que les gouvernements successifs ont traité la question ; c’est un choix politique qui a prévalu, celui de « totems » des énergies renouvelables, alors que les solutions choisies – énergies éoliennes et photovoltaïque – sont inefficaces, extrêmement coûteuses et particulièrement nuisibles pour les paysages.

Pourtant des solutions existent qui sont efficaces vis à vis du but poursuivi, diminuer les émissions de GES, et indolores pour notre cadre de vie :

• Tout d’abord, constatant qu’un des postes les plus conséquents de consommation d’énergie est le chauffage, mettre en œuvre des aides aux travaux d’isolation adaptés. Il convient de cibler le bâti le plus énergivore, celui construit entre les années 1950 (la date de 1948 étant généralement retenue) et les années 1990. S’agissant du bâti ancien, dont les performances énergétiques sont démontrées (équivalentes à celles du bâti postérieur à 1990), une isolation par les combles est suffisante et ne modifie pas l’aspect extérieur du bâtiment ; elle peut également créer une surface supplémentaire habitable à moindre coût alors que des besoins existent dans nombre de villes, particulièrement en Île-de-France. L’isolation par l’extérieur et le remplacement systématique du second oeuvre – inefficace et source de pathologie pour les bâtiments – est évidemment à proscrire pour les constructions antérieures à 1948.

• Avoir recours à des énergies renouvelables efficaces

La géothermie constitue une voie intéressante qui a le grand mérite de ne générer aucune pollution, y compris visuelle. Elle est une solution individuelle simple à mettre en oeuvre et peu coûteuse, pourtant jamais mise en avant… Les essais d’industrialisation de cette énergie n’ont également pas été très poussés et se sont limités au prototype de Soultz la Foret sans que d’autres installations ne soient envisagées par manque de financement.

Les pompes à chaleur, qui pour un kilowattheure d’électricité consommé fournissent environ 3 kilowattheures de chauffage, sont une excellente solution. Malheureusement l’ADEME, considérant que cette technologie commet un péché mortel en utilisant de l’électricité d’origine nucléaire, a toujours refusé de la promouvoir.

La biomasse – qui ne doit pas aboutir à la dévastation de nos forêts – peut également donner satisfaction, notamment en lien avec l’élevage, par des structures intégrées aux paysages. Mais, là encore, il existe peu d’incitations comparables à celles dont bénéficie notamment l’énergie éolienne.

Que dire aussi de la suppression autoritaire des biefs des anciens moulins, privant ainsi nos territoires d’autant de micro-centrales de production électrique ?

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