Expansion urbaine et mitage des paysages

Colpo (Morbihan), bourg du second Empire : sauvons l’araucaria de la princesse Napoleone

Araucaria, parc du château de Korn er Houët – Colpo Photo A-M Robic/SPPEF, 1er janv. 2016

Banderole et guirlandes posées par Christiane Peltier-Bernardini. Photo A-M Robic/SPPEF, 1er janv. 2016

« Il pique » reproche le conseiller départemental Yves Bleunven. Arbre national du Chili, il doit son nom populaire de « désespoir des singes » à ses feuilles triangulaires vert vif imbriquées et très pointues qui découragent les ascensions. Mais, les primates ne s’aventurant pas encore sous nos climats, on se doute qu’on a contre lui d’autres griefs.

Serait-il trop impérial ? Il est vrai qu’il a été planté sur le domaine de la princesse Napoleone Elisa Baciocchi, à la naissance de la commune, il y a 150 ans. Nièce de Napoléon 1er, cette femme de caractère fut encouragée par son cousin Napoléon III dans la réalisation de ses utopies agricoles. Sur les 500 ha acquis à partir de 1857, elle fit construire, ex nihilo, le village de Colpo : église, mairie, école, presbytère, hôpital, gendarmerie et ferme de Bellevue, à côté de son château de Corn er Houët.

Michel Ghislain Stapleaux (1799-1881), portrait de la princesse Napoleone-Elisa Baciocchi, 1834. Fontainebleau, Musée Napoléon

Ce passé glorieux a-t-il fait ombrage à la République ? Sous la plume de Jean-Charles Michel, le journal Ouest-France du 30 décembre 2015 ne titrait-il pas : « l’Empire contre attaque… à Colpo » ? Mais c’était pour mieux nous rassurer quelques lignes plus loin : le maire est un fervent défenseur du passé impérial. Il vient de solliciter auprès du conseil départemental la pose d’un panneau « Colpo, bourg du second Empire » (voir ici).

Mais alors, qui veut la mort de l’araucaria imbricata qui, en 1869, a vu 15 000 personnes venir pleurer la princesse défunte à l’église de Colpo ?

Tombeau de la princesse Baciocchi – église de Colpo. Photo A-M Robic/SPPEF

RD 767, travaux de mise à 2×2 voies près de l’araucaria. Photo A-M Robic/SPPEF, 1er janv. 2016

C’est la direction départementale des routes qui en a fait l’arbre à abattre. La bande d’arrêt d’urgence de la mise à deux fois deux voies de la RD767 a été placée négligemment sur l’emprise de l’araucaria ancré là avec ses 3,80 de circonférence depuis 150 ans, rognant un peu plus le parc du château de la princesse.

Pour le sauver, signons la pétition de Pascale Chipot :

Signer la pétition

Anne Marie Robic, déléguée de la SPPEF pour le Morbihan

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