Pétition : Ville-d’Avray, sauvons du bétonnage le dernier village de la petite couronne

Projet de construction au contact d’un pavillon de chasse construit par Gabriel pour Louis XV (en bas à droite), sur une parcelle distraite de la forêt domaniale de Fausses-Reposes par l’ONF

À l’attention de :
Mme Valérie Pécresse, Présidente de la Région île-de-France,
M. Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand-Paris

Petite bourgade, où vécurent Renoir, Corot, Yéhudy Ménuhin et Boris Vian, Ville-d’Avray jouissait du calme de ses forêts et de la beauté de ses étangs dans un cadre champêtre atypique à moins d’une demi-heure du centre de Paris. Une vague de démolitions sans précédent s’attaque au patrimoine de la ville pour ouvrir la voie à un bétonnage en totale rupture avec l’esprit des lieux. Les permis de construire accordés en moins de deux ans, correspondent à la construction de 330 logements, soit  plus que l’objectif annuel imparti à l’ensemble des huit communes du Grand-Paris-Seine-Ouest (Boulogne-Billancourt, Chaville, Issy-les Moulineaux, Meudon, Sèvres, Vanves, Marnes-La Coquette, Ville-d’Avray).

Malgré le déni abrupt et condescendant opposé aux craintes et à la colère grandissantes des habitant-es, par le Maire de Ville d’Avray et la première Adjointe en charge de l’urbanisme, nous n’admettons pas qu’un mandat municipal soit considéré comme un blanc-seing pour 6 ans et nous demandons :

- la préparation d’un nouveau document d’urbanisme plus protecteur de notre village dans le cadre de l’élaboration du PLU intercommunal du territoire GPSO ;
– la consultation des Dagovéranien-nes par voie de referendum local sur les grands choix d’urbanisme ;
– et que jusque là, il soit sursis à statuer sur toutes les demandes de permis de construire litigieuses.

Le texte qui régit aujourd’hui l’urbanisme de Ville-d’Avray, c’est le PLU que le maire, Denis Badré, a fait adopter fin 2013, en remplacement de l’ancien POS qui protégeait la commune de l’invasion du béton. Il a introduit des changements majeurs :

- alors que les paramètres de la construction (distance depuis les limites séparatives ou l’alignement, hauteur maximale, Coefficient d’Emprise au Sol) étaient raisonnables dans l’ancien POS, ils sont devenus des outils de densification, qui font flamber la valeur du foncier et offrent aux promoteurs de juteuses perspectives. Car désormais il est possible de construire quasiment en bordure de voie et dans certaines rues, le C.E.S. a été porté au niveau de 70 % !
– la moitié des constructions identifiées d’intérêt patrimonial ont été déclassées !
alors que beaucoup de logements sont vacants, la construction d’un nombre de logements neufs disproportionné par rapport aux créations d’emploi potentielles et aux besoins démographiques a été décidée. 

Harcelés par des démarcheurs, certains propriétaires ont cédé devant le pactole qui leur était proposé ; leurs voisins céderont peut-être à leur tour, le jour où s’élèvera devant leur fenêtres un mur de béton d’une dizaine de mètres de haut et peu à peu le dernier village du Grand-Paris se bétonnera par effet domino.

Chaque projet est un sujet de mécontentement pour les riverains : architecture cubique avec balcon en saillie sur rue, stationnement insuffisant, destruction d’espaces verts naturels laissant place à une « végétalisation » artificielle, massacre à la tronçonneuse d’arbres centenaires. Que dire du projet pharaonique d’un ensemble de 125 appartements, à proximité des Écoles et des Étangs de Corot, site historique classé, autour d’un nouveau centre commercial surdimensionné par rapport aux besoins de la ville, envisagé dans le quartier de La Ronce ? Que dire du mitage bétonnier de la rue de Versailles, au contact d’un pavillon de chasse construit par Gabriel pour Louis XV et en bordure de la forêt domaniale de Fausses-Reposes (voir photo ci-dessus), déjà défigurée pour longtemps par des coupes rases, dont l’ONF, relayée par le maire, persiste à défendre le bien-fondé au contraire des pratiques plus respectueuses adoptées par de nombreux pays tels que la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche ou le Royaume-Uni…Que dire d’une politique d’étalement urbain désastreuse le développement durable et la biodiversité ?

Mettons fin à ces dérives d’un autre temps, contraires au respect de notre patrimoine architectural, de notre environnement naturel et tout simplement au bon sens.

Dagoverana, association de défense de Ville-d’Avray

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