La préservation du littoral

Menaces sur les paysages du littoral de la presqu’île de Fouras (Charente-Maritime)

Plage et estran au pied des villas de l’avenue du Bois Vert. Des enrochements y sont prévus. Au loin : l’île Madame. Photo prise à proximité du fort de l’Aiguille. Photo SPPEF

Sous couvert de la protection des biens et des personnes face au danger récurrent des tempêtes sur nos côtes, la commune de Fouras et le Syndicat gérant les défenses contre les submersions ont présenté, le 16 mars 2016, au cours d’une réunion publique, la première phase des travaux projetés au Port Nord et au Bois Vert.

Est prévu un enrochement de 14 à 18 m de large avec une piste en béton ou en stabilisé de 4 à 5 m dite « de maintenance » en haut de l’ouvrage en enrochement. Cette piste sera créée pour l’entretien des enrochements avec des engins hors gabarits, d’où sa largeur. Mais elle servira aussi de piste cyclable alors que le fonds Barnier n’a pas à financer ce genre de travaux. L’enrochement et la piste seront aménagés le long des propriétés riveraines.

Redoute ou fort de l’Aiguille (1674). Des enrochements sont prévus autour de ce monument historique. Photo SPPEF

Ces ouvrages surdimensionnés et coûteux dénatureront irrémédiablement le paysage puisqu’ils feront disparaître la grève sur une largeur de 14 à 18 m. On peut se poser la question de la pertinence de cette piste d’entretien qui augmente considérablement le coût de la protection alors que la maintenance pourrait se faire par l’estran comme cela se fait ailleurs après de fortes tempêtes. Cette emprise massive des enrochements entraînera la disparition des petites plages existantes concernées par le projet (voir photos) et les promeneurs ne pourront plus cheminer le long de l’estran… sinon en prenant un bain de vase. Finie la pêche à pied ! Ils seront relégués sur une piste en béton ou en stabilisé derrière un amas de roches noires.

Il faudra rester vigilant lorsque le reste des travaux fera l’objet d’une seconde phase de réalisation entre le fort l’Aiguille et la pointe de la Fumée. 

Tout comme les Fourasins et les nombreux touristes, la SPPEF tient à la qualité, à la beauté et à l’aspect sauvage de ce paysage littoral. Le bureau d’étude reconnait lui-même que le paysage va être profondément modifié.

Photo prise depuis le château Bugeaud vers la pointe de la Fumée. Grève et estran doivent y être enrochés. Photo SPPEF

Il est inadmissible de détruire de façon irréversible un environnement qui fait tout le charme du littoral de Fouras et de saccager un estran riche en biodiversité.

Une autre question se pose : pourquoi surprotéger la côte nord donnant sur l’anse de Fouras et la baie d’Yves alors qu’elle est moins exposée aux tempêtes que la côte Ouest ?

La SPPEF demande que ce projet démesuré et dévastateur soit entièrement réexaminé dans le respect des paysages du littoral de la presqu’île de Fouras située dans le site classé de l’estuaire charentais, dans le périmètre du Grand Site et dans un site Natura 2000 (le milieu naturel de l’estran est très sensible).

Château Bugeaud ou Villa La Jetée (1903). Des enrochements sont prévus au pied de ce monument historique. Photo SPPEF

De plus, ces travaux sont prévus à proximité de monuments historiques remarquables tels que le fort de l’Aiguille (1674) et le château Bugeaud (1903).

Proposition : Renforcer et remonter l’enrochement actuel en prévoyant une pente plus abrupte et en supprimant la piste dite « de maintenance ». Cette solution moins coûteuse aurait pour avantage de libérer une partie de l’estran qui resterait accessible : les engins pourraient y travailler, comme c’est le cas sur d’autres sites, et on pourrait continuer à s’y promener.

Marc Fardet, Délégué de la SPPEF pour la Charente-Maritime

Tél. 05 46 99 43 31. Mail : marc.fardet@gmail.com

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