Menaces sur les monuments

Musée des Beaux-arts de Tours : premier revers pour le projet d’extension

Musée des Beaux-arts de Tours – Avant
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Musée des Beaux-arts de Tours – Après (projet)

Dans sa séance du 10 novembre dernier, la commission nationale des secteurs sauvegardés a rejeté, à l’unanimité, le projet de modification du secteur sauvegardé devant permettre l’extension du musée des Beaux-arts de Tours dans son jardin protégé (lire l’article). Rappelons cependant que cet avis n’est que « consultatif ». Il révèle néanmoins de réels dysfonctionnements qui ont entraîné un donateur et un maire dans une impasse, le plus beau site patrimonial de Tours ne se prêtant évidemment pas à ce projet (lire nos arguments). Afin de dénouer au mieux cette « affaire », Sites & Monuments, première association à s’être mobilisée contre le projet, demande une inspection générale conjointe du Ministère de la Culture et de la Communication et du Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.

Ce projet n’est, au demeurant, nullement nécessaire puisqu’une extension in-situ pourrait être réalisée dans les anciennes écuries du Palais, placées en vis-à-vis du musée, ou dans ses combles.

A l’extérieur de l’enclos de l’actuel musée, la collection pourrait rejoindre les anciennes usines Mame où se trouve la nouvelle école des Beaux-arts. Pourquoi ne pas avoir, aussi, investi les terrains des anciennes casernes de l’école d’application du train, boulevard Thiers, lorsqu’ils se sont libérés ? Plus modestement, l’utilisation de l’ancien château royal du Plessis-lès-Tours, aujourd’hui en déshérence, est aussi envisageable. Une autre solution consisterait à ce que le donateur construise sur une autre parcelle.

Mais, pour une ville ambitieuse, le meilleur projet serait de créer une « cité des arts », pourquoi pas dans l’îlot du haut de la rue Nationale où s’achève actuellement le musée Olivier Debré, ce qui ferait de Tours une cité de la culture au cœur du périmètre du patrimoine mondial, au bord de la Loire. 

Les idées ne manquent pas, à condition de ne pas céder à l’improvisation. Mais l’impatience bien compréhensible du donateur à voir « son musée » se concrétiser – qui comportera des œuvres de son épouse Martine Martine (lire ici) – ne doit en aucun cas conduire à porter atteinte au site patrimonial exceptionnel de l’ancien Palais des Archevêques de Tours (lire ici), un lieu formidablement beau et fragile.

Bernard Toulier, administrateur de Sites & Monuments

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