Energies nouvelles et patrimoine

Pétition : Préservons le Combray de Proust, non à l’encerclement éolien !

Encerclement éolien d'Illiers-Combray Méséglise Proust

Pétition adressée à Monsieur le Président de la République ; Madame la ministre de la Transition écologique ; Madame la ministre de la Culture.

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Pétition parrainée par Stéphane Bern

Chers amoureux proustiens du monde entier,

Depuis une bonne dizaine d’années, les éoliennes déferlent tous azimuts (plus de 8 000 actuellement en France) et les associations doivent constamment se battre contre ces ventilateurs géants qui ravagent l’écosystème et défigurent paysages et monuments. Situation d’autant plus scandaleuse que le coût de l’éolien est excessif par rapport à un rendement aléatoire. Il permet juste de faire semblant de se préoccuper d’énergie verte.

Soutenus par une réglementation de plus en plus favorable, les promoteurs s’en donnent à cœur joie et, dans cette véritable ruée vers l’or éolien, rien ni personne n’échappe à leur boulimie, comme la montagne Sainte-Victoire chère à Cézanne (voir ici).

Mais qui aurait pu imaginer que les « bonimenteurs de l’éolien » s’en prendraient maintenant à l’un des plus célèbres écrivains français de tous les temps ? Les proustiennes et les proustiens de par le monde ont de quoi être stupéfiés !

Fallait-il procéder à l’encerclement de ce petit village d’Illiers, le « Combray » où se déroulent tant d’épisodes de Du côté de chez Swann (premier tome d’À la recherche du temps perdu), lieu des innombrables souvenirs d’enfance de Proust et genèse de toute son œuvre ?

28 éoliennes, réparties en 4 parcs, doivent ainsi être implantées dans un rayon de 5 km, au Nord, au Sud-est et au Sud-ouest d’Illiers-Combray, accueillant la maison de la « tante Léonie » (aujourd’hui musée Marcel Proust).

Un article de l’association Sites & Monuments se livre à une minutieuse et passionnée relecture de la géographie proustienne, bientôt victime de ces machines (voir ici). Tous les amoureux d’À la recherche du temps perdu s’y reconnaîtront :

- Le clocher de Combray : « On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore ; […] Et dans une des plus grandes promenades que nous faisions de Combray, il y avait un endroit où la route resserrée débouchait tout à coup sur un immense plateau fermé à l’horizon par des forêts déchiquetées que dépassait seule la fine pointe du clocher de Saint-Hilaire, mais si mince, si rose, qu’elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d’art, cette unique indication humaine. » (À la recherche du temps perdu, « Du Côté de chez Swan », éd. NRF Gallimard, bibl. de la Pléiade, 1987, t. I, p. 65-66).

* Bientôt, les éoliennes mesureront 3 fois la hauteur du clocher d’Illiers-Combray et 6 fois celui de Méréglise…

- Le côté de Méséglise et le côté de Guermantes : « Il y avait autour de Combray deux “côtés” pour les promenades, et si opposés qu’on ne sortait pas de chez nous par la même porte, quand on voulait aller d’un côté ou de l’autre : le côté de Méséglise [Méréglise] — qu’on appelait aussi le côté de chez Swann, parce qu’on passait devant la propriété de M. Swann [le château de Tansonville] pour aller par là — et le côté de Guermantes. Comme mon père parlait toujours du côté de Méséglise comme de la plus belle vue de la plaine qu’il connût et du côté de Guermantes comme du type de paysage de rivière, […] je mettais entre eux, bien plus que leurs distances kilométriques […]. Et cette démarcation était rendue plus absolue encore parce que cette habitude que nous avions de n’aller jamais vers les deux côtés un même jour, dans une seule promenade, mais une fois du côté de Méséglise, une fois du côté de Guermantes, les enfermait pour ainsi dire loin l’un de l’autre, inconnaissables l’un à l’autre, dans les vases clos et sans communication entre eux d’après-midi différents. » (Ibid., p. 132-133).

** Un parc éolien de 8 éoliennes doit être implanté à toute proximité du « Méséglise » de Proust (voir illustration) et de Tansonville, propriété de Swann, qui sera par ailleurs la victime d’un parc de 14 éoliennes projeté à Saumeray et Charonville. Le château de Villebon – le « Guermantes » de Proust – est d’ores-et-déjà flanqué d’un parc de 6 gigantesques machines situé à mi-chemin d’Illiers-Combray…

Tous ces paysages, ces perspectives, cette campagne française délicate, façonnée par les siècles, seront industrialisés. CE NE SERA PLUS LE « CÔTÉ DE CHEZ SWANN » MAIS CELUI DES ÉOLIENNES ! 

IL Y AURA BIEN ENCERCLEMENT ET PROFANATION DE L’UN DES PLUS CÉLÈBRES PAYSAGE LITTÉRAIRE AU MONDE. 

Associations signataires :

- Sites & Monuments - SPPEF

- Association de Défense de l’Environnement des Riverains de la Thironne - ADERT 

- Association pour la Protection des Paysages et de l’Environnement entre Beauce et Perche - PPE EBP

- Association Perche Nature Environnement - APNE

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