Les cimetières

Les cimetières, on ne le dira jamais assez, sont des lieux d’art, d’histoire et de mémoire: véritables musées à ciel ouvert, réserves d’archives considérables sculptées ou gravées dans la pierre, le métal et le bois, ils sont aussi des conservatoires des mentalités, des modes architecturales et du goût.

Pour autant, un cimetière n’est pas un espace muséal : c’est un espace en évolution, dont la gestion administrative redessine sans cesse le visage, où les nouveaux monuments installés permettent à l’expression individuelle, aux diversités culturelles, sociologiques, religieuses, d’avoir libre cours. Mais les monuments funéraires peuvent eux aussi « mourir » : érosion, absence d’entretien, dégradations, procédures de reprise… Le patrimoine funéraire est encore trop souvent ignoré et c’est ainsi que disparaissent des chefs d’œuvres d’architecture et de sculpture. La peur d’une pénurie de concessions, l’idée de réhabiliter un carré en supprimant les « vieilles tombes » sont au quotidien les ennemis d’une gestion intelligente d’un cimetière. (Pierre-Yves KIRSCHLEGER, Maître de conférences en histoire à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3)

Créé en 1996 par la SPPEF et placé sous la responsabilité de Jean-Pierre Ehrmann, le groupe de travail « Cimetières, lieux de mémoire » a pour objet de sauver les tombes anciennes et le caractère historique des cimetières.

Une méthode de travail a été mise en place, qui permet de recadrer les actions des participants selon des principes communs :

    • faire un inventaire du cimetière, afin de garder la trace de ce patrimoine funéraire qui peut disparaître, de révéler l’intérêt et la valeur des monuments funéraires. Le groupe de travail «Cimetières, lieux de mémoire» a réalisé une fiche d’inventaire, qui a été réfléchie, améliorée, testée et approuvée !
      L’esprit général de cette fiche est de pouvoir faire réaliser par des bénévoles, membres d’associations de sauvegarde du patrimoine, des inventaires de cimetières avec un vocabulaire commun et une méthode cohérente.
    • créer un système de gestion : il s’agit de trouver un système règlementaire pour que l’intégration de nouvelles tombes dans un tissu ancien se passe bien, qu’elle soit cohérente et que les tombes « intéressantes » par leur architecture ou leur histoire soient protégées.
      La règlementation actuelle propose des solutions pour arriver à cet objectif.
    • restaurer,
    • communiquer.

L’application de ces quatre principes a permis de sauver de nombreuses tombes, notamment à Mulhouse, Montpellier, Paris et dans la Manche.

Pour sauver un cimetière ou une tombe

La SPPEF peut indiquer à ceux qui veulent sauver un cimetière (particuliers, associations, communes) les moyens d’y parvenir, des exemples de sauvetages et un dialogue avec ceux qui les ont réalisés. Afin de pouvoir vous aider utilement à trouver des solutions, nous vous proposons de vous inscrire à la SPPEF, si vous ne l’êtes pas, et de nous adresser les éléments indispensables :

  • description de la situation,
  • rappel des démarches déjà engagées,
  • 4 ou 5 photos permettant de se rendre compte de l’état du cimetière,
  • un plan ou une vue aérienne d’ensemble. Ces documents resteront votre propriété comme tous ceux que vous serez amenés à réaliser dans le cadre de votre projet.

En fonction des problèmes rencontrés, nous vous adresserons par courriel les documents suivants : colloque de la SPPEF du 25 octobre 2001, colloque de la SPPEF du 25 octobre 2011, fiche de pré-inventaire accompagnée de son mode d’emploi, note sur la mise au point d’une gestion par une AVAP, extraits de la législation, et vous appuierons, si besoin est, dans la réalisation de votre projet.

« Cimetières, lieux de mémoire» se réunit une fois par trimestre à la SPPEF. Il regroupe des conservateurs du patrimoine et des associations qui protègent et restaurent des cimetières dans les différentes régions de la France. Ce travail est entièrement bénévole.

Pensez à votre tombe familiale ! Mentionnez son existence dans votre testament. C’est le seul moyen pour vos ayant-droit de la connaître et de la protéger plus tard.